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EL MALICK SECK CONDAMNE A 3 ANS FERME SON JOURNAL SUSPENDU 3 MOIS Suggérer par mail
 
le 12-09-2008 16:41
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ImageCONDAMNATION – Affaire du blanchissement de l’argent volé à Koroko et Bouaké incriminé au président Wade et à son fils Karim.  

El Malick Seck,  de 24 Heures chrono condamné à 3 ans ferme, son journal suspendu pour 3  mois

Par Yathé Nara NDOYE

 Le directeur de publication du journal 24 Heures chrono El Malick Seck a été condamné à 3 ans d’emprisonnement ferme. Son journal a été aussi suspendu pour 3 mois. Le Tribunal l’a reconnu coupable des délits de diffusion de fausses nouvelles, d’offense au chef de l’Etat manœuvres à troubler l’ordre public et d’injures publiques. Il l’a relaxé cependant, du chef d’accusation de recel de documents administratifs. Son rédacteur en chef ainsi que son avocat sont d’avis que c’est une décision politique et renseigne sur la volonté de l’éliminer.Un appel va être interjeté.  

Il n’a pas été extrait de prison  pour entendre le délibéré. Mais sans doute ,du fond de sa cellule crasseuse de la prison de Rebeuss où il est détenu depuis plus d’une semaine, les oreilles d’El Malick Seck ont du siffler quand ses amis lui ont rapporté la « terrible nouvelle ». 3 ans de prison ferme, c’est la peine maximale que le Tribunal l’a condnmané en cette matinée ensoleillée de ce  mois de ramadan. En effet, les autorités judiciaires du pays tout en le relaxant du délit de  recel de documents administratifs parmi les autres chefs d’accusations pour lesquels il est poursuivi,  sont du reste, convaincues qu’El Malick Seck est coupable des délits de diffusion de fausses nouvelles, d’offense au chef de l’Etat, de manœuvres à troubler l’ordre public et d’injures publiques. En commettant de tels délits, le glaive doit  alors tomber sur la tête, le journaliste est condamné à la peine de 3 ans d’emprisonnement ferme. Ladite peine est corsée d’autre part par  la suspension de son journal 24 Heures chrono pour  3 mois pleins.

Les membres de la rédaction de 24 Heures chrono venus en masse au tribunal sont restés bouche bées,  surpris, ne pouvant pas s’expliquer sur, « la sévérité d’une telle peine ».  Sambou Biagui, le rédacteur en chef, va alors claquer la langue, laisser éclater sa peine, sa rengaine.

 « El Malick Seck est un détenu politique »

Devant le portail d’entrée du Bloc des Madeleines, face aux micros et caméras des différentes chaînes nationales comme internationales et de la presse écrite qui ont pris d’assaut les lieux, Samba Biagui, n’a pas mis des gangs pour taxer la condamnation d’une « décision politique ». En clair, « El Malick Seck est un détenu politique », tonne Samba Biagui. A l’en croire, il ne sert à rien d’épiloguer sur la décision du Tribunal, la seule conclusion à tirer, c’est « qu’El Malick dérange et il fallait l’éliminer et fermer son journal ». D’ailleurs, ajoute-il, les actes préliminaires de cette volonté de faire disparaître le journal ont été posés dés la convocation d’El Malick Seck par la Division des investigations criminelles (Dic) tout juste après la parution de l’article incriminé. En effet, renseigne Sambou Biagui, « les policiers ont effectué une descente dans les lieux, perquisitionner les locaux, ferme le journal et emporter la clé ».Or, en procédant ainsi, ajoute-il, «  non seulement ils ont violé la loi », mais, aussi, dit-il, « cela prouve d’une certaine volonté d’en finir avec le journal 24 Heures chrono ». 

Dés lors, peste Sambou  Biagui, il parait évident que  les dés étaient  pipés si l’on se réfère avec la rapidité par laquelle les autorités judiciaires  ont  procédé à  l’ouverture d’une enquête concernant son directeur de publication El Malick.  Le résultat, note –il, c’est la grade à vue de 96 heures,  l’interrogatoire, le mandât de dépôt et enfin, la condamnation à 3 ans d’emprisonnement ferme. Tout ceci, selon Sambou Biagui,  renseigne sur la « volonté inavouée   à faire disparaître El Malick Seck et son journal ».

« Face aux violations manifestes de la liberté de presse  d’opinion, Sambou Biagui se pose la question de savoir s’il est Sénégalais, s’il vie dans le Sénégal qu’il a toujours connu »

De telles méthodiques, peste Sambou Biagui sont dignes des pays de grande dictature où les despotes règnent en maîtres absolus. La condamnation d’El Malick Seck, pense le journaliste dénote de la volonté des autorités  « à vouloir museler la presse ». Le rédacteur en chef de 24 Heures chrono est d’avis que l’on est en droit de se poser alors,la question de savoir jusqu’où les autorités iront dans leur « politique de répression et de restriction de la liberté de presse » ? .Il est persuadé que dans les jours, mois ou années à venir, il va arriver qu’au Sénégal un moment où les gens ne vont plus oser   dire un seul mot contre le régime en place au risque de se retrouver en prison. La liberté de presse, d’opinion, n’existe plus dans ce Sénégal, un pays gagné par des « méthodes répressives et despotiques ». Face  à ce « Sénégal, mon pays que je ne reconnais plus », Sambou Biagui, s’est ainsi posé à lui-même la question de savoir, « si je me reconnais maintenant comme Sénégalais tant mon pays a changé ». Le rédacteur de 24 Heures chrono a affirmé toute sa peine, sa déception de ne « plus se reconnaître dans ce Sénégal » au point d’en arriver à  «  je me  pose la question de savoir même si je suis Sénégalais ». Le Sénégal actuel , clame Sambou Biagui, a tronqué ses valeurs de démocratie ,de respect, de liberté avec celles de la répression, de l’injustice au risque de faire inscrire dans les esprits des citoyens, la peur, le doute. Mais, qu’à cela ne tienne, avertit-il, « nous allons continuer à faire notre travail de journaliste ».

L’on se rappelle qu’El Malick Seck a été arrêté suite à la publication d’un article intitulé «  Plusieurs milliards volés en Côte d’Ivoire : Wade et son fils mouillés dans une affaire de blanchiment d’argent ». Dans ledit article, le journaliste cite nommément le président Wade et son fils Karim d’être mêlés dans le blanchissement de l’argent volé en Côte d’ivoire lors des deux braquages des agences de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) à Koroko et Bouaké. D’ailleurs de telles accusations en 2004  avaient valu un procès  au leader du Parti de l’indépendance et du travail (PIT) Amath Dansohko d’être poursuivi pour offense au Chef de l’Etat.

Les exemplaires dudit journal ont été saisis par la Police, qui a eu aussi à procéder lundi à une perquisition au domicile du Dirpub de 24 Heures Chrono. Placé en garde à vue à la Division des investigations criminelles (Dic), El Malick Seck a eu à séjourner au commissariat spécial du Port et avait bénéficié d’une prolongation de garde à vue de la part du Procureur de la République le lundi d’aprés.Présenté devant le Tribunal des flagrants délits, le procès a été renvoyé à la demande du Parquet qui dit avoir disposer d’éléments nouveaux à mettre à la disposition du Tribunal.


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