| le 25-06-2009 12:26 |
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Lequotidien crash - gestion du vol af 447 d’air france : l’asecna debarque ses secrets Plus de trois semaines après l’accident de l’Airbus A330 d’Air France qui assurait la liaison Rio-Paris, aucune information n’est encore disponible sur les causes du crash. C’est toujours le mystère, même si l’espoir semble renaître avec l’annonce, lundi, d’un probable repérage des boîtes noires de l’appareil. Dans ce climat de conjectures, Le Quotidien a pu obtenir un rapport estampillé confidentiel que l’Asecna avait adressé depuis le 3 juin au ministre d’Etat en charge des Transports aériens. Si l’Asecna évoque dans un rapport l’accident du vol AF447, c’est parce que l’avion devait traverser l’espace aérien géré par l’agence panafricaine avant de rejoindre Paris. Selon les informations en notre possession, Dakar a attendu en vain l’appareil. Nous vous livrons ici, les détails des actions entreprises par le centre de contrôle de l’aéroport de Dakar pour tenter de retrouver l’Airbus A330-200.
L’Asecna met son grain de sel dans l’accident de l’Airbus A330-200 d’Air France, survenu le 1er juin dernier avec à son bord 228 personnes. Ainsi minute après par minute, le centre de contrôle de l’espace aérien de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et Madagascar (Asecna) de Dakar revient sur les communications qu’il a eues avec ses partenaires chargés de guider l’avion de Rio à Paris. Tout commence le 31 mai à 22 heures 30 Temps universel (Tu), l’avion décolle de Rio de Janeiro et devrait atterrir le lendemain à 9 heures à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle de Paris. A 01 heure 36, ce 1er juin, le centre de contrôle d’Atlantico au Brésil contacte les contrôleurs aériens de Dakar par téléphone pour leur annoncer que l’avion entrerait dans leur zone de surveillance à 02 heures 20 précises. Dix minutes plus tard, les contrôleurs de Dakar, rappellent leurs homologues d’Atlantico pour avoir le plan de vol exact de AF447. De là, ils feront leur calcul et donneront à leur tour à leurs homologues cap-verdiens, le temps exact prévu pour que l’avion pénètre dans l’espace aérien du Cap-Vert. C’est en effet le centre de Sal au Cap-Vert qui devrait reprendre la main après le passage de l’appareil par le centre de contrôle de Dakar. Et selon les informations, les contrôleurs du centre de Sal au Cap-vert, devaient commencer à gérer les communications avec les pilotes de l’avion à partir de 03 heures 45 de ce 1er juin. Toutefois, Dakar avait signifié au poste de Sal qu’il n’avait encore aucun contact avec l’appareil qui normalement en ce moment là, serait déjà dans son espace aérien depuis au moins une bonne vingtaine de minutes. A partir de cet instant, Dakar engage une course contre la montre pour retrouver les traces de l’avion, mais rien n’y fit. A 4 heures 7, le centre de contrôle de Sal qui attendait l’avion depuis bientôt vingt minutes, contacte Dakar pour avoir les positions de l’Airbus d’Air France, estimant que les coordonnées précédemment fournies par les contrôleurs de l’Asecna n’étaient pas justes. Alors les contrôleurs de Dakar, inquiets, précisent que si erreur il y a, elle n’est pas de leur responsabilité. Ce d’autant plus que jusqu’à présent, ils n’ont pu entrer en contact avec l’avion. Ce qui aurait dû avoir lieu depuis plus d’1 heure 30. Les seules informations reçues jusqu’à présent provenaient du plan de vol communiqué au départ de l’appareil, ont-ils ajouté. Et cela l’a été par les contrôleurs de Atlantico qui avaient pris le relais de ceux de Rio.
DISPARU A LA LIMITE DE LA ZONE DE CONTROLE DE DAKAR Dix sept minutes après cette correspondance, les contrôleurs de Dakar qui ne comprenaient certainement plus rien à la situation, rappellent le centre d’Atlantico au Brésil. C’était dans l’espoir d’avoir des informations sur le vol AF447 dont ils ont perdu les traces. Les brésiliens confirment les coordonnées antérieurement annoncées et ajoutent qu’ils n’avaient non plus aucun contact avec l’appareil. Ainsi les centres de contrôle d’Atlantico, de Dakar et de Sal ont continué à s’appeler entre eux pour essayer de localiser l’avion, en vain. Dans le mémo des conversations téléphoniques entre Dakar et Atlantico, on s’est beaucoup inquiété du sort du vol AF447. A ce propos, Dakar n’a pas manqué d’interroger Atlantico sur son dernier contact avec les pilotes de l’Airbus A330. Ce à quoi, le centre de contrôle brésilien va soutenir que la seule et unique communication avec l’avion avait eu lieu à 01 heure 33 dès son entrée dans son espace aérien. Donc, depuis cet instant jusqu’à 06 heures 05, heure de la dernière communication entre Dakar et Atlantico, l’Airbus A330 d’Air France qui devait relier Rio de Janeiro à Paris n’a plus donné signe. Dans ce rapport préliminaire sur leur participation dans la gestion de ce vol, les techniciens de l’Asecna ont expliqué au ministre des Transports aériens que l’avion n’a jamais pénétré l’espace aérien géré par leur organisme. Toutefois, ils ont précisé que l’ordinateur de bord de l’appareil aurait émis un message de turbulence à 02 heures 14 à la limite du point où, le centre de contrôle d’Atlantico devait passer la main aux contrôleurs de Dakar pour le guidage de l’avion. Et selon les explications fournies par ces techniciens, Atlantico étant le dernier centre de contrôle a avoir établi un contact radio avec l’avion, il lui revenait de passer à la phase d’alerte sur la disparition de l’avion comme l’exige la procédure. Normalement, les centres de contrôle de Récife et d’Atlantico au Brésil, de Dakar au Sénégal, de Sal au Cap-Vert, de Canarias en Espagne devraient s’occuper du guidage de l’avion avant son atterrissage à Paris. Le rapport confirme que le vol AF447 n’est jamais sorti de l’espace aérien du Brésil.
MAUVAISE METEO AU -DESSUS DE L’ATLANTIQUE Par ailleurs, le rapport insiste sur les mauvaises conditions météorologiques qui prévalaient en ce moment au dessus de l’océan Atlantique. Plus précisément, le centre de veille météorologique régional basé à Dakar a détecté ce 31 mai, «des nuages très convulsifs associés à des turbulences et phénomènes orageux également intenses». Cette information de mauvais temps a d’ailleurs été diffusée dans tout le réseau de l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci). Cet avion disparu, le 1er juin dernier, avait à son bord 228 personnes dont seulement cinquante corps ont été retrouvés jusqu’à présent. L’avion s’est abimé dans les eaux de l’Océan Atlantique. Les informations que donne l’Asecna montrent que l’appareil a émis son dernier signal après 3 heures 45 minutes de temps de vol, alors qu’il en avait dix et demi à faire entre Rio de Janeiro et Paris. Et il restait moins d’une heure de temps avant ce dernier signal pour que Dakar prenne en charge le vol AF447.
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