| le 04-08-2008 22:40 |
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Source Le Monde - Ouverture du procès de Jacob Zuma en Afrique du Sud - Le chef du parti au pouvoir en Afrique du Sud, Jacob Zuma, a comparu pour corruption, lundi 4 août, dans un procès qui pourrait compromettre ses chances de devenir le président du pays en 2009. Agé de 66 ans, le chef du Congrès national africain (ANC) est jugé aux côtés de Pierre Moynot, directeur exécutif de Thint, filiale sud-africaine du groupe d'armement français Thales
Il est soupçonné d'avoir sollicité des pots-de-vin auprès de Thint, alors qu'il était vice-président du pays – de 1999 à 2005 – pour éviter à l'entreprise d'être inquiétée dans une enquête sur un contrat public. Le procès intervient après plusieurs années d'enquête et de procédures : M. Zuma avait été inculpé une première fois, après la condamnation dans cette affaire, en 2005, de son conseiller financier. Mais un juge avait décidé d'abandonner les poursuites faute de preuves. Figure aussi controversée que populaire, Jacob Zuma avait déjà été jugé en 2006 pour viol. Après avoir plaidé que la plaignante était consentante, il avait été acquitté faute de preuves.
Dès l'ouverture des débats lundi, son avocat Kemp J. Kemp a déposé un énième recours pour tenter de faire annuler la procédure, arguant de la violation des droits de son client. "Où est la justice ?", a-t-il lancé. Le tribunal devrait ajourner le procès pour examiner ce recours, qui sera suivi d'autres : la défense cherche à éviter à tout prix une condamnation avant les élections générales du deuxième trimestre 2009, dont le scrutin présidentiel, pour lequel Jacob Zuma est donné favori. Le chef de l'ANC a en effet promis, s'il est condamné, de se retirer de la politique.
"NOUS ESPÉRONS QUE LE DOSSIER SERA ABANDONNÉ"
A l'extérieur du tribunal de Pietermaritzburg, situé dans le sud-est du pays, l'ANC avait organisé une véritable manifestation de force pour montrer son soutien indéfectible à son président. Des milliers de militants, venus de tout le pays à bord d'autocars affrétés par le parti, chantaient, dansaient et priaient pour Jacob Zuma. Installés jusque dans les arbres, ils n'ont pas aperçu leur héros qui s'est glissé dans le palais de justice par une porte dérobée. Souriant, Jacob Zuma s'est installé sur le banc des accusés, saluant de la main ses fidèles dans la salle.
"Nous espérons que le dossier sera abandonné" et "nous pensons qu'il est persécuté plutôt que poursuivi", a déclaré Jesse Duarte, la porte-parole de l'ANC. Pour ses partisans, le charismatique Zuma fait l'objet d'un complot orchestré par le clan du président Thabo Mbeki, à qui il a ravi la présidence de l'ANC en décembre à l'issue d'un congrès agité, quelques jours avant d'être inculpé pour la deuxième fois dans ce dossier. Lundi, l'ANC a installé un écran géant et dressé une tente blanche à Pietermaritzburg pour accueillir la hiérarchie du parti, venue lui "manifester son soutien" avec "respect et dignité", selon Jessie Duarte. Dans la foule sous étroite surveillance policière, certains supporteurs exprimaient les espoirs placés dans le nouveau chef de l'ANC par les pauvres du pays, qui estiment avoir été abandonnés par Thabo Mbeki. "C'est lui qui fera de l'Afrique du Sud un pays prospère où les gens auront le privilège d'avoir un travail. Les pauvres seront soutenus", déclarait ainsi Abraham Motaung, 72 ans, venu de la lointaine province du Nord-Ouest.
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