Placé sous mandat de dépôt depuis lundi a été jugé le même jour par le tribunal des flagrants délits présidé par le juge Djibril Seydi, au cours d’une audience qui a duré quelque quatre heures d’horloge, de 12h 30 à 16h 30. Massaly était poursuivi pour voie de fait, destruction de biens appartenant à autrui, violence. Entendu sur les accusations qui lui sont reprochées, M. Massaly les a niées en bloc en même temps que les témoignages sur les appels téléphoniques qu’il a eus avec le journaliste Léopold Tamba de la station régionale du groupe Walfadjri et du commissaire central Mamadou Tendeng.
La partie civile, représentant le PS, a pour sa part refusé de reconnaître la compétence du tribunal des flagrants délits de juger cette affaire se rapportant à des actes criminels occasionnant un incendie. Pour elle, l’affaire doit être renvoyée au ministère public et doit être jugée en Cour d’assises.
Les avocats de la partie civile ont donc à cet effet sollicité à la cour la consignation devant le juge d’instruction et a demandé que le tribunal se déclare incompétent sur cette affaire.
Le substitut du procureur Bernard Coly a rejeté la demande d’incompétence du tribunal des flagrants délits, rappelant aussi que le ministère public est maître des poursuites. Dans son réquisitoire, il a demandé à la cour de condamner Mouhamadou Lamine Massaly à un an de prison avec six mois ferme.
Pour lui, face à la constance des faits qui lui sont reprochés, le prévenu est bel et bien l’instigateur de l’incendie et n’a pas besoin d’être sur les lieux. Il est selon lui coupable de violence, de destruction et de voie de fait, a encore dit le substitut du procureur.
La défense, assurée par maîtres Pape Jean Sèye et Alioune Sène, a écarté la thèse des deux témoins, expliquant que la déposition du commissaire n’a pas été mentionnée sur le procès verbal. Alors que celle du journaliste ne fait pas foi, puisqu’il ’’accordait une primeur à l’information’’.
S’agissant du témoignage du socialiste Cheikh Keita, les conseillers de Massaly ont souligné que ses déclarations relèvent de la propagande que le tribunal ne peut reconnaître.
Les avocats de la défense ont soutenu que les témoignages ne sont pas crédibles et ont demandé à la cour une relaxe pure et simple de leur client ou à défaut une relaxe au bénéfice du doute, estimant ’’qu’aucune preuve matérielle et morale ne peut être appliquée à Mouhamadou Lamine Massaly’’.
Ils ont plaidé pour une application bienveillante de la loi, qualifiant de sévère la peine de six mois requis contre le leader des jeunes wadistes par le substitut du procureur.